Dorra Chammam
La poètesse et romancière Dorra Chammam occupe une place très avancée dans la littérature tunisienne en lague française. Dans son poème consacré à Mnawar Smadah, qu'elle a composé en Arabe et en français, elle traite de la profondeur de la tragédie humaine, existentielle et spirituelle du grand poète disparu. Le fait qu'un poète compose lui-même deux poèmes sur le même thème, et en deux langues, constitue en soi un exploit littéraire, et pour Dorra Chammam, loin d'ètre une simple traduction, chaque texte conserve sa spécificité et son originalité. Le résultat peut ètre l'objet d'une étude comparative intéessante...

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            A Mnawar Smadah


 

Renaîtras-tu, poète à l'arche qui t'a dévêtu?

Pour toi Smadah, au nom de tous les poètes.
De toutes les fêlures et tous les mots qui tuent...
Trop vrais, trop nus....
Et si quelqu'un te blesse encore, dis-toi bien,
Poète, qu'il n'est qu'un corps...
Et que son âme, poète, ne connaît pas encore la marque des matadors et qui ne la connaît point est né mort.
Pour toi, Mnaouar, cette mosaïque. Sais-tu Mnaouar, que ton printemps a effacé au musée toutes les autres saisons?
Pardon de ne pas avoir eu l'occasion de te connaître;
Je te rencontre aujourd'hui et te dédie, mon réveil, d'acacia et de plantes tibétaines...
Ne souffre plus, dis, ne souffre plus...

MEMENTO:

Entre premier éveil et dernier sommeil, les êtres avancent. Parfois ils retournent en arrière, se plient de douleur, ramassent leurs larmes
Et chantent pour eux la symphonie des Anges.
Alors leur ombre s'illumine de la grâce divine.
Ils l'enlacent, la serrent sur la poitrine de peur de la perdre.
La voûte azurée, de leurs ondes positives leur redonne l'espérance.
Et le soleil s'incline pour bercer leur coeur qui souffre.
Et leur errance donne à la lune de l'ocre et du fluor pour quitter leur corps vers l'unicité de leur esprit.
Epaisse est la survie. Mes anges répondent encore un peu et de leurs yeux...
Je rêve d'un monde meilleur... Un jour... Yaqûta viendra à mon oreille et me dira
"Vois-tu l'étoile... c'est toi, moi et toutes celles qui souffrent pour donner"...
Mon JEN à moi, mon illuminé, ma secte, mon clan, ma signularité, ma raison, mon obole d'argent, viens-tu du feu? Tu me maudis.
Viens-tu de l'eau? Tu me guéris, me soigne, me chamanise , me médiumnise, me place parmi les promis et, à mon tour, je guéris.

Je SUIS :

Boutheïna, Leïla, Abla... mais aussi Jamil, oasis, Antar.
Je SUIS : la voie
Je suis loin d'être un saint, je ne suis qu'enceinte et j' attends les Anges, je les prie du bout de mes Phalanges aidée par Abdelkader, Mehrez, Manoubia, Tijania, les Kadria , les Issaouia, Béchir, Ajmia. Les gnaouis et en transe, je livre...
Somnambule, je rame dans des lagunes. Et dans mes naufrages vous guide, voyageuse désespérée, mes écouteurs, que de ruines, avant, après.
... Au ban de la société; car ici c'est de folle qu'il s'agit. et la folie n'a pas d'exutoire, elle s'imbrique dans l'autre, en la regardant faire, panique. Elle horrifie, et la poubelle est son profit.
Papiers froissés, canevas d'une mort-vie.
Voici l'asile où Rainer m'a guidée et demandé de chercher la graine. Le frein a trop grandi... Munie de ma poubelle, je défroisse les papiers. Le calepin est prêt à s'animer...

FATUMS:

Si dur d'être.
De transparence, de persistance, de transparence, de pertinence.
Homme/Femme?
Utérus/Prépuce.
Dire, médire, maudire...
Seul mot peut suffire ?
Souffir de ce mal être, rencontrer une peau en âme, vous aide à voir clair, vous tend son arôme, vous offre ses mots et sa lumière vous mène vers la clairière de vos rêves d'antan, mômes sans ans...
Voir dans le noir et...
La magie de ne point montrer, juste de laisser l'entrevoir.

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